Ptit Pois

 

Vous connaissez tous la fameuse devinette «Qu’est-ce qui est rond et vert, qui monte et qui descend? Un petit pois dans un ascenseur». Thomas Favrelière, Alex Fortineau et Clément Moulard en ont fait un jeu dans lequel Ptit Pois, auquel Clément Hérault a joliment donné vie, monte et descend au gré de la stratégie des joueurs.

En effet, si le jeu se compose d’un paquet de cartes de valeur 1 à 10 et de différentes couleurs, tout tourne autour d’une seule carte indiquant «Up» d’un côté et «Down» de l’autre. On la pose au milieu de la table et on la flanque de deux cartes qui constitueront le début des deux défausses.

Chaque joueur reçoit une main de quatre cartes, plus quatre autres, posées sur la table: deux face cachée et, par-dessus, deux face visible. C’est ce qu’on appelle la rangée.

À son tour, un joueur peut défausser, en suivant le sens de la carte «Up/Down», soit une carte de sa main soit une carte visible de sa rangée. Si on monte, il peut donc déposer sur un 6 une carte de valeur égale ou supérieure à 6. Si la carte qu’il défausse est de la même couleur que la carte précédente, il peut immédiatement soit déposer une autre carte sur la même défausse, soit retourner une carte ou une pile de sa rangée.

Enfin, s’il ne peut ou ne veut pas jouer, il retourne la carte «Up/Down», pioche deux cartes, les place dans sa main et joue normalement. Le cœur du jeu tient dans ces quelques mots: «S’il ne veut pas jouer». Il faut en effet sentir le bon moment pour retourner cette carte, quitte à ajouter deux cartes à sa main. Ou savoir quand ne pas la retourner. Il faut savoir quand s’arrêter de défausser, même si on a encore des cartes de la même couleur à jeter. Il faut savoir quand retourner les cartes de sa rangée. Et il faut savoir comment pousser ses adversaires dans ces cordes.

Tout ça sur la base du nombre et de la valeur des cartes visibles de la rangée des adversaires, du nombre de cartes qu’ils ont encore en main, de la valeur des cartes qu’on a soi-même encore en main et dans sa rangée (du moins, celles que l’on connaît) et des cartes qui ont déjà été jouées. Et, petit pois sur le gâteau, il faut avoir le flair, la bonne intuition, la chance et parfois la certitude de mettre fin à la manche en espérant avoir moins de points que ses adversaires.

En effet, au terme d’une manche (quand un des joueurs a vidé soit sa main soit sa rangée), chacun compte séparément les points de sa main et de sa rangée et ne conserve que le nombre le plus élevé. Si celui qui a terminé la manche compte strictement moins de points que les autres, il marque 0. Par contre, il score le double de ses points si un de ses adversaires marque un nombre de points égal ou inférieur. Dans tous les cas, les autres joueurs marquent leurs points.

Les règles prévoient d’enchaîner trois manches au terme desquelles celui ou celle qui a inscrit le moins de points l’emporte. Personnellement, je préfère la variante prévoyant que la partie s’arrête dès qu’au terme d’une manche, un joueur a atteint 50 points (30 dans une partie à 2).

«Ptit Pois» est donc un jeu de défausse malin que l’on peut apparenter à «Mojo», par exemple. Le genre de petit jeu de cartes parfait pour l’été, avec de quoi ravir les amateurs de jeux de défausse, bien entendu, mais aussi ceux qui aiment prendre des risques et/ou enquiquiner leurs adversaires. Et en plus, il est très joli. Bref, c’est un excellent jeu dans son genre.

Ptit Pois: un jeu de Thomas Favrelière, Alex Fortineau et Clément Moulard, illustré par Clément Hérault et publié en mai 2025 par Blam !.

 

30/06/2025