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Casse-toi, pov'con! C'est reparti pour 2 tours |
![]() Ludovic Maublanc |
Le 23 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, président
de la République française, est en visite officielle au
Salon de lagriculture. Là, comme tout bon
président qui se respecte, il serre des mains. Cependant,
dans lassistance, un homme refuse la main
présidentielle en disant «Ah non, touche-moi pas. Tu me
salis!». Le président poursuit son chemin sans sempêcher
de lancer un cinglant «Casse-toi alors. Casse-toi alors,
pauvre con!». La séquence est filmée par un
journaliste et mise en ligne dès le lendemain sur le
site du journal Le Parisien. En peu de temps, elle fait le tour du Web et est commentée partout dans le monde. Si, dans un premier temps, Nicolas Sarkozy se justifiera, il regrettera quelques années plus tard davoir ainsi «abaissé la fonction présidentielle». En 2008, la petite phrase «Casse-toi, povcon!» devient donc virale et néchappe pas à Matthieu dEpenoux, le patron de Cocktail Games, qui flaire le bon coup. Il contacte alors Ludovic Maublanc. «Il a pensé à moi parce quà lépoque, javais la réputation de faire des jeux un peu foufous, rigolos et tout ça», raconte lauteur. Il a ensuite fallu deux mois à celui-ci pour trouver le bon angle dattaque. Pour compléter le projet, dEpenoux demande à lillustrateur Martin Vidberg, dessinateur pour Le Monde et auteur du blog Lactu en patates, de soccuper des illustrations. Et cest dans la (petite) boîte (de métal)! Cest en effet sous cette forme que paraît le jeu le 13 juin 2011. «En dépit de son intitulé, le jeu [ ] n'a rien d'un brûlot anti-sarkozyste.» «Un jeu politique, donc? "Non, pas vraiment", se défend Matthieu d'Epenoux, qui préfère insister sur le caractère ludique et "convivial" de son dernier-né.» Cela nempêchera pas le jeu dêtre au centre dune polémique. En effet, la séance de dédicaces et le reportage de France 3, prévus le 10 septembre 2011 au festival Ludimania à Saint Apollinaire, furent annulés en dernière minute. Selon lorganisateur, la mairie avait menacé de priver le festival de subventions en cas de maintien de cette séance. Ces pressions, le député-maire de Saint Apollinaire, Rémi Delatte, les a formellement niées. Quoi quil en soit, si France 3 na finalement pas consacré de reportage au jeu, laffaire a été largement commentée par la presse, ce qui a offert une certaine publicité à Casse-toi, povcon! qui sécoulera à plusieurs milliers dexemplaires et connaîtra donc un beau succès. En 2012, campagne présidentielle oblige, Ludovic Maublanc et Martin Vidberg, toujours sous la houlette de Cocktail Games, commettront Si jétais président. «Hollande avait fait Moi, président dans son débat. Et on la loupé à un ou deux jours près», raconte Ludovic Maublanc qui ajoute «Ce genre de jeu gag, ça marche avec la phrase, ça marche avec laccroche: Casse-toi, povcon!. Combien de gens lont acheté pour faire une blague à quelquun et lui offrir le jeu Casse-toi, povcon!? Moi, président, ça aurait cartonné, je pense.». Quatre ans plus tard, à lapproche de la campagne de 2017, paraît Casse-toi, povcon! Cest reparti pour 2 tours. Au menu, la même mécanique, mais plus de cartes, dautres candidats et larrivée de Marine qui, si on fait trop appel à ses idées, fait perdre tout le monde. «Déjà, en le faisant, on se disait: le climat nest pas le même», raconte Martin Vidberg. Ludovic Maublanc ajoute: «Cinq ans après, la politique, cétait déjà moins marrant.» Si la politique fait moins rire aujourdhui et si certaines figures politiques ont disparu depuis lors de la scène médiatique, le jeu fonctionne toujours parfaitement: un «cherche et trouve» dans lequel les joueurs doivent se montrer très observateurs pour choisir les bonnes cartes et éviter de péter un câble et de lancer un «Casse-toi, povcon!» catastrophique pour leur popularité. |
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![]() Martin Vidberg |
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![]() Matthieu d'Epenoux |
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Références:
https://www.lemonde.fr/blog/vidberg/2012/02/04/si-jetais-president-le-jeu/
https://www.youtube.com/watch?v=s99uPnQiSes&t=1975s