Tag Team |
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Quand vous
étiez enfant, vous avez certainement déjà joué à la bataille. Pas celle qu’on se
livre dans les cours de récré avec des branches en guise d’épées, mais celle
qu’on joue avec des cartes traditionnelles. Chacun a son paquet et retourne
simultanément la carte du dessus: la plus forte l’emporte.
Ce jeu
simplissime a engendré la mécanique de l’auto-battler: chacun constitue, d’une
manière ou d’une autre, son paquet de cartes. Ensuite, les adversaires dépilent
et les effets, quels qu’ils soient, s’appliquent. Quelques jeux du genre sont
arrivés sur le marché ces derniers temps (on pense à «Wizard’s Cup»), mais la
grande et belle nouveauté est «Tag Team».
Son originalité
est multiple: ses personnages qui se battent en équipe (d’où le nom),
l’asymétrie, la spécificité de l’auto-battler et la DA.
Parlons tout
d’abord de cette dernière. Naïade a donné vie aux douze personnages présents
dans la boîte. Ses dessins sont une fois de plus splendides et contribuent à la
qualité du jeu.
Chacun de ces
personnages est accompagné d’un deck de douze cartes combat, ainsi que d’un
plateau combattant avec une piste de vie et d’autres petites choses qui lui sont
propres: jetons, pistes supplémentaires et/ou marqueurs. Tous les pouvoirs sont
détaillés dans un «Guide des combattants» bienvenu. S’y ajoutent des cubes
mauves qui représentent la puissance du personnage et dont le nombre va évoluer
au fil des tours. Ce côté asymétrique et le fait qu’il s’agisse d’un jeu
d’affrontement fait immanquablement penser à «Dice Throne», mais la comparaison
s’arrête là.
Au début de la
partie, chacun des deux joueurs choisit deux personnages, soit aléatoirement,
soit librement, soit en les draftant. Au cours de la partie, il devra les
maintenir en vie. Dès qu’un de ses deux combattants est mis KO, il perd la
partie.
La mécanique
est simple et donc basée sur le système d’auto-battler. La partie se déroule en
rounds successifs. Au début du premier, le joueur prend les deux cartes de
départ de ses deux combattants et les empile dans l’ordre de son choix. Ensuite,
chacun dépile simultanément une carte à la fois et applique l’effet. Une fois
que toutes les cartes ont été jouées, chaque joueur pioche trois cartes combat
(il aura préalablement mélangé ensemble toutes les cartes de ses deux
personnages), en choisit une et l’insère où il le souhaite dans son deck de
combat, sans changer l’ordre des cartes qui s’y trouvent déjà. C’est donc là que
réside l’essence du jeu: bien choisir où placer ses cartes afin de «repousser»
une carte jusque-là bloquée par une parade ou encore de surprendre son
adversaire avec une nouvelle attaque bien placée. Tout cela, bien entendu, en
tentant de deviner de ce l’autre joueur va faire dans le même temps. De plus,
après avoir aligné les parties en testant les différents personnages, chacun
décidera de ses associations préférées, ce qui s’avère très important lors de la
constitution de son équipe.
Au final, la
multiplicité des configurations et la variété des personnages permet une très
grande rejouabilité, entre stratégie, guessing, coups de bluff et coups de
chance, jusqu’à ce qu’un des combattants morde la poussière.
Ce «Tag Team»
est un excellent jeu d’affrontement à deux, qui nécessite quelques réflexions et
peu de retours aux règles ou au «Guide des combattants», malgré quelques cas
dans lesquels certains effets peuvent s’entrechoquer.
L’ensemble est
fluide et assez rapide, ce qui permet d’enchaîner les parties. Chaque joueur y
trouvera son compte et ses chouchous. Bref, une belle réussite qui appelle déjà
des nouveaux combattants… en 2026 (il pourrait bien y être question
d’Excalibur).
Tag Team : un jeu de Gricha German et Corentin Lebrat,
illustré par Naïade et publié en septembre 2025 par Scorpion masqué.
29/10/2025 |