Sea, Salt & Paper |
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Depuis sa sortie en 2022, dabord sur Board Game Arena puis sous sa forme physique, «Sea, Salt & Paper» (SSP pour les intimes) a rencontré un immense succès. Un succès mérité puisque, pour les amateurs de jeux de cartes, celui-ci est un excellent condensé de ce qui se fait de mieux.
Visuellement, Bombyx, léditeur, a une nouvelle fois fait fort et original, avec des photographies dorigamis. Cest tout simplement très beau.
Quant à la mécanique, elle a été imaginée par deux ténors actuels: Bruno Cathala et Théo Rivière. Ils ont créé ce jeu que lon pourrait classer dans la famille des ramis, mais avec de nombreuses facettes: stratégie, mémoire, bluff et prise de risque.
Et pour commencer, une mise en place ultrasimple: vous mélangez le paquet, vous le posez au milieu de la table et vous retournez deux cartes pour constituer les deux défausses. Point.
Ensuite, les joueurs jouent à tour de rôle, en effectuant une seule action: piocher. Soit la carte au-dessus dune des défausses, soit les deux premières cartes de la pioche. Il faut alors en choisir une et défausser lautre.
Sil le peut et sil le veut, le joueur dépose ensuite des cartes: deux bateaux, deux poissons, un duo requin/nageur ou deux crabes. Chacune de ces paires lui garantit un point et offre un effet, respectivement: rejouer immédiatement, prendre la première carte de la pioche, prendre une carte dans la main dun adversaire ou consulter une des deux défausses et y prendre la carte de son choix. Il est tout à fait possible denchaîner ces effets dans un même tour.
Les autres cartes rapportent
des points en les collectionnant: les coquillages, les poulpes,
les manchots et les moussaillons. Plus ils sont rares, plus ont
de la valeur! Il y a aussi les cartes qui rapportent des points
si vous en possédez dautres: le phare, le banc de poissons,
la colonie de manchots (un point respectivement par bateau,
poisson ou manchot) et le capitaine (trois points par moussaillon).
Restent les sirènes dont la valeur dépend des plus grands
groupes de cartes de même couleur que vous possédez en main et
sur la table. Des sirènes qui ont en outre un pouvoir bien
particulier: si, lors dune manche, vous les possédez
toutes les quatre, vous remportez immédiatement la partie! Cest
très difficile, mais radical!
Si, à la fin de son tour, un joueur possède au moins sept points au total des cartes en main et déposées, il peut soit laisser la manche se poursuivre, soit annoncer «Stop» et mettre immédiatement fin à la manche, soit annoncer «Dernière chance» et révéler ses cartes et donc le total de ses points, ce qui permet aux autres joueurs de jouer encore une fois afin de tenter de dépasser ce total ou tout au moins de sauver un maximum de points. Dans le premier cas, le «Stop», chaque joueur marque simplement le nombre de ses points. En cas de dernière chance, si le joueur qui la annoncée réussit son pari et a le meilleur score, il marque son total plus un bonus couleur égal au nombre de cartes formant le plus grand groupe de la même couleur. Les autres joueurs ne marquent que ce bonus. Par contre, si le joueur ayant annoncé la dernière chance na pas le meilleur score, il ne marque que ledit bonus alors que le meilleur joueur marque le total de ses cartes. Une belle prise de risque, donc!
On aligne ainsi les manches jusquà ce quau moins un joueur dépasse 40, 35 ou 30 points, selon que lon joue à 2, à 3 ou à 4.
SSP est donc un jeu tout simplement génial, dans lequel il va falloir prendre des risques (tenter de collectionner des cartes plus rares mais qui valent plus), se souvenir de qui défausse quoi et de la défausse dans laquelle se trouve telle ou telle carte, bien choisir la défausse sur laquelle on jette une carte (afin de couper laccès à une autre), bien choisir la carte quon garde, bluffer en jetant une carte pour faire croire quelle ne nous intéresse pas (pour peut-être mieux la récupérer par la suite) et surtout décider de la manière de mettre fin à une manche: immédiatement ou après une dernière chance, dans lespoir alors de creuser lécart mais en prenant le risque de se faire doubler. Magistral!
Et pour améliorer cette délicieuse recette de produits de la mer, les amateurs se jetteront (et se sont sans doute déjà jetés) sur «Extra Salt», une petite extension sous la forme dun booster de 8 cartes qui viennent encore relever lensemble: les étoiles qui rapportent deux points de plus si elles sont combinées avec une paire, lhippocampe qui remplace nimporte quelle carte à collectionner, le homard qui, accompagné dun crabe, permet de choisir une des cinq premières cartes de la pioche, la méduse qui, jointe à un nageur, limite laction du joueur suivant à prendre la première carte de la pioche, et le panier de crabes qui vaut un point par crabe. Assez pour modifier les réflexes des joueurs aguerris, sans changer les bases.
SSP est donc un must have pour tous les amateurs de jeux de cartes et, malgré sa petite taille (pas despace vide dans la boîte!), un poids lourd dans sa catégorie.
Sea,
Salt & Paper : un jeu de Bruno
Cathala et Théo Rivière, illustré par Pierre-Yves Gallard et
Lucien Derainne et publié en octobre 2022 par Bombyx.
Sea,
Salt & Paper: Extra Salt : une
extension de Bruno Cathala et Théo Rivière, illustré par
Pierre-Yves Gallard et Lucien Derainne et publié en septembre
2023 par Bombyx.
13/01/2024 |
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