Les toits de Paris

 

Paris 1902.

Le gang des Pies règne sur les toits de Paris et, au crépuscule, ses membres s’introduisent dans les plus beaux appartements pour y dérober des objets de valeur. Mais l’inspecteur Rossignol veille !

Chaque joueur incarne l’un de ces cambrioleurs de haut vol et, lorsque c’est son tour, il retourne la première carte de la pioche et la place sur la gauche du plateau. Là commence le stop ou encore. Se contenter de ce maigre butin ou faire main basse sur d’autres objets, au risque de se faire pincer par Rossignol qui, sur son gros jeton en bois, est tapi à l’autre bout du plateau ? Car certaines cartes indiquent qu’une fois qu’on les a retournées, il faut faire avancer Rossignol d’un, deux ou trois emplacements vers la gauche. Alors, je risque ou pas ? Plus on retourne de cartes, plus on peut en ramasser, mais plus Rossignol peut se rapprocher. Le top du top, c’est le coup d’éclat : filer avec le butin au nez et à la barbe de l’inspecteur, c’est-à-dire lorsque son jeton se trouve juste avant la dernière carte butin. Dans ce cas, le voleur peut ramasser autant d’objets visibles qu’il le souhaite. Sinon, il peut en prendre un, deux ou quatre, en fonction du nombre de cartes retournées. Et, bien entendu, s’il a été pris la main dans le sac par Rossignol, il repart bredouille. Dans tous les cas, s’il reste une part du butin, les autres Pies vont devoir se la partager.

Si le jeu s’arrêtait là, il n’emballerait pas les foules. Mais Christine Alcouffe et Ludovic Maublanc ont concocté d’autres pièges.

Ainsi, certaines cartes sont ornées d’une cloche, symbole d’une alarme qui retentit quand une collection compte trois de ces cloches : une descente de police à lieu et les pandores emportent tout le lot, laissant le voleur avec ses larmes.

D’autres cartes permettent, lorsqu’elles sont récoltées, d’obtenir gratuitement une carte de la pioche, avec le risque de faire retentir une alarme.
Enfin, certains objets rapportent des points en fin de partie, comportent le symbole plume ou permettent de faire pencher la balance en cas d’égalité. Sans oublier la carte personnage que reçoit chaque joueur en début de partie et qui peut être utilisée une seule fois et uniquement à la suite d’une descente de police : elle sert alors de joker et ajoute deux plumes à une collection.

Au final, lorsque la pioche est vide, la partie se termine et les Pies se réunissent pour comparer leurs butins.

Là, on applique le principe de majorité. Pour chacune des cinq collections (et donc couleurs), le joueur qui possède le plus de cartes reçoit un jeton récompense avec un nombre de points plus ou moins important en fonction de la rareté des objets concernés ; le second reçoit lui aussi un jeton, mais offrant moins de points. Des jetons sont en outre distribués à ceux qui possèdent le plus de plumes.

Les points de ces jetons sont additionnés à ceux qui sont affichés sur les cartes gagnées. Le joueur qui comptabilise le plus de points est le meilleur des voleurs et peut fêter sa victoire sur… les toits de Paris.

Ce jeu est une petite pépite. Le mécanisme du stop ou encore, toujours source d’ambiance autour de la table, a été enrichi de plusieurs éléments qui apportent notamment de la fourberie. Chaque fois qu’un joueur décide s’il pioche à nouveau puis lorsqu’il choisit les cartes qu’il veut intégrer à ses collections, il a surtout intérêt à laisser à ses adversaires les « bonnes » cartes, du genre qui déclenche les alarmes. C’est vil et fourbe, mais on n’est pas des voleurs pour rien !

Enfin, mention spéciale pour le travail d’illustration de Christine Alcouffe et pour l’édition somptueuse de KYF Edition.

Les toits de Paris : un jeu de Christine Alcouffe et Ludovic Maublanc, illustré par Christine Alcouffe, édité en octobre 2023 par KYF Editions.

 

12/10/2023