Carnuta |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Ah, la forêt
des Carnutes, ses frondaisons, ses légendes, ses chênes millénaires. Et surtout,
son nombre record de druides au mètre carré, du moins lors de Carnuta, la
cérémonie annuelle des druides. Et tous cherchent à être élus druide de l’année
grâce à une potion de leur secret.
Dans «Carnuta»,
le jeu, vous incarnez un de ces druides et, pour composer votre fameuse potion,
vous devez recueillir les différents ingrédients nécessaires, certains
disponibles le jour, d’autres la nuit. Bien entendu, comme pour toute recette,
l’important est que ces ingrédients se marient bien entre eux.
En début de
partie, vous recevez un plateau, une carte ingrédient de départ, quatre runes
(recto/verso; deux sont placées sur leur face soleil symbolisant le jour, les
deux autres sur leur face lune pour la nuit), un compteur de cartes et deux
serpes.
A votre tour,
vous pouvez faire deux actions parmi quatre: piocher une des quatre cartes d’une
des deux rivières (une jour et une nuit) et la placer dans votre main (vous ne
pouvez en avoir plus de trois en fin de tour), jouer une carte, retourner tous
les soleils ou toutes les lunes de votre plateau, piocher toutes les lunes ou
tous les soleils dans la réserve de runes présente au centre de la table. Toutes
ces actions sont gratuites, sauf la deuxième. Jouer une carte de votre main pour
la placer devant vous nécessite en effet de défausser ou de retourner des runes
de votre plateau. Ce «coût» est indiqué sur chaque carte et nécessite bien
entendu de disposer des runes nécessaires.
Tout le sel du
jeu repose donc sur une double mécanique: trouver le bon rythme avec vos runes
tout en récupérant puis en jouant des cartes qui combotent bien entre elles. Si
certaines rapportent un nombre fixe de points, la plupart vous en offre en
fonction de combinaisons: tel champignon vous rapporte deux points par œuf de
dragon, tel crâne vous donne 6 points pour chaque trio composé de deux papillons
et d’un trèfle. Sans oublier le sel qui ne rapporte rien mais peut remplacer
n’importe quel autre ingrédient.
Il faut aussi
surveiller la réserve et aller s’y servir quand elle contient ce dont vous avez
besoin. Quant aux serpes, elles vous offrent une action supplémentaire
«gratuite»: vider une des deux rivières et la regarnir complètement.
Dernier twist
du jeu: chaque fois que vous jouez une carte, vous faites avancer votre compteur
et, lorsque celui-ci atteint la quatrième ou la huitième position, vous retirez
un cadenas de votre plateau, ce qui vous offre un emplacement pour une cinquième
puis une sixième rune. Quand le compteur atteint le 6 ou le 8, vous pouvez
piocher un jeton ingrédient qui vient s’ajouter à votre recette. Attention:
chacun de ces ingrédients supplémentaires n’est disponible qu’en un seul
exemplaire.
Lorsqu’un
joueur dépose sa onzième carte, on termine le tour. Ensuite, on effectue un
dernier tour et la partie s’arrête. Il s’agit donc bien aussi d’une course.
Faut-il rusher en déposant des cartes plus faciles à jouer, mais qui rapportent
moins de points, afin de prendre ses adversaires de vitesse et les empêcher de
trouver une recette riche? Ou faut-il prendre son temps pour accumuler les
points? A voir en fonction des ingrédients que l’on parviendra à trouver.
Au final, on
totalise les points que rapporte chacune des cartes que l’on a jouées. Celui ou
celle qui en compte le plus est déclaré meilleur druide.
Vous l’aurez
compris, «Carnuta» est un jeu dans lequel il faut programmer ses actions,
trouver le bon rythme entre le jour et la nuit, bien calculer son coup et,
évidemment, surveiller ce que font vos adversaires afin de leur couper (à coups
de serpe) les bons ingrédients sous la sandale. Très sympa et efficace! On
reconnaît là bien le talent des auteurs de «Odin» et
le savoir-faire éditorial de Repos Production.
Carnuta: un jeu de Yohan Goh, Hope S. Hwang et Gary
Kim, illustré par Davide Tosello et édité en février 2026 par Repos Production.
25/02/2026 |